[29/07/09]Me relever me semble improbable. Je ne dors presque plus, à peine trois à quart heures malheureuses qui me tiennent encore debout ; prête à re larguer mes larmes sur la terrain en friche de mes sentiments. Je m'endors mal, en pleurant, contracter de toute part par cette douleur qui me ronge nuit et jour, me donnant mal à chaque articulation, jusqu'à la mâchoire, à mes yeux, à mon nez irrité d'avoir trop pleuré. De t'avoir trop pleurer, toi et ton absence qui semble irrévocable. J'ai mal à la tête à trop penser, à nous, à ces je t'aime que je nous entends encore dire, à tous ces je t'aime que je n'entendrais plus, à tous ce qui me rattache à toi, à ce qui fait que je t'aime encore. Je pense à cette douleur fulgurante. Je ne pense qu'à elle, qu'à toi. Et, je veux avoir mal, mal, mal, prendre cette horrible douleur dans mes mains, la ressentir au plus profond de moi, m'y habituer parce qu'au fond c'est de ça dont il s'agit. La ressentir, la maîtriser , maîtriser mes larmes, mes émotions, mes sanglots et mes cris pour mieux vivre avec et enfin voir l'heure de l'acceptation et du deuil. Je ne peux pas dire que j'en suis à ce stade. Je pleure sans cesse, pour un oui, pour un non, pour un homme que vous aimez et qui vous laisse tomber, un homme que vous aimez... Je t'appelle, en un jour trois fois, pour rien, au fond, juste pour t'entendre, me dire que rien n'est fini alors que chaque mots que tu me scandes me montre que malgré moi tout est fini et ce pour de bon.
J'ai le c½ur totalement largué, je ne sais plus comment jouer, mes armes ne font plus d'effets et je te vois partir loin de moi... avec une autre. Comment peut-il oser dire l'aimer en à peine une semaine ? Même si je ne l'ai pas haïs sur le moment, je le haïs désormais par instant pour tout cette histoire qu'il saccage, pour ce défi supplémentaire qu'il ne veut pas relever avec moi. Une autre... ce mot me dégoûte chaque fois un peu plus. Une autre que moi l'embrassant, est dans ses bras, fait l'amour avec lui ? Désolée, mais je ne peux pas, ça ne passe pas. Je me sens trahis quelque part mais ce n'est pas que ça, ça va beaucoup plus loin. Trahis... dans mon couple, dans notre amour, dans notre histoire... Une autre fille et il aura fallu une semaine pour l'éloigner de moi et le rapprocher d'elle. Une semaine balayant deux ans et demi, j'ai du mal à y croire. Et pourtant, je ne le haïs que partiellement. Notre amour n'était pas sans faille, moi aussi j'ai failli, moi aussi j'ai mon caractère, toi aussi tu es jeune et sans beaucoup d'expérience, nous n'avons pas la même maturité et surtout peut être plus les même priorités. Dans tout cela mon c½ur est perdu, je sais bien « qu'il n'y a pas de règles dans ces jeux là », que je ne peux pas te forcer à rester. Je sais aussi que je ne guérirais pas en une journée ou encore en une semaine. On ne se remet pas de deux ans et demi d'amour partis en éclats comme ça, même si « j'aurai aimé que mon chagrin ne dure qu'un instant ». C'est dur de combattre ton absence alors que tout me rattache à toi.
En un après-midi mes amis on été très présent pour moi. Je ne crois pas avoir autant parlé depuis très longtemps sans jamais m'arrêter. Mais, je crois aussi que j'étais encore dans l'euphorie du moment, encore sous le choc en quelque sorte. Je sais aujourd'hui que tout ne se fera pas en un jour, que je ne suis pas seule dans ce tourbillon, même si, le pilier essentiel de mon adolescence se retire de ma vie, eux, ils sont là et ne me lâcheront pas. Malgré leur présence, je sais que je suis seule face à la douleur, que personne ne la ressent à ma place, que personne ne fera le deuil de mon couple pour moi et que personne ne pourra se reconstruire à ma place.
Même très entourée parfois on se sent seule avec la sensation que personne ne peut vous comprendre. Mon histoire me semble unique parce qu'elle n'appartient qu'à moi alors qu'au fond même si nous réagissons tous différemment face à la douleur, on a tous mal... On a tous connu un « gros » chagrin d'amour. On sait que ça fait mal. On connaît le sentiment d'impuissance qui nous bouffe, celui d'avoir tout perdu en quelques minutes. Même si j'écris ces mots, parfois démesurés, je sais que je n'ai pas « tout perdu » mais que au contraire, j'ai énormément gagné à l'avoir connu et aimé. Je ne sais pas encore ce que j'ai gagné à l'avoir perdu, je ne suis pas prête. Je suis juste une gamine perdue, aveuglée par ma douleur, aveuglée par toi qui t'en vas. Je ressens très fort que de son côté tout est terminé et qu'il n'y a rien à en tirer. Je lui ai tout de même dit d'y réfléchir en fille désespérément amoureuse. Je voudrai une chance tout en sachant que je demande certainement l'impossible. C'est horrible de se dire qu'on est seul & qu'il faut avancer malgré tout, malgré ces larmes qui coulent, malgré son amour qui nous dévore.
Parfois, je voudrai avoir un c½ur de pierre ou ne plus en avoir du tout, ce serait plus simple...